
Pulses Within, DS Galerie
Parmi les villes invisibles, certaines ne tiennent qu’à un souffle.
Elles se déploient comme des membranes,
se soulèvent sous la peau des sols.
Elles sont à la fois organes et architectures,
présences enfouies prêtes à surgir.¹
Les murs se fendent, les sols se creusent, les objets s’ouvrent pour laisser paraître ce qui loge en dessous : matières, formes, flux qui relèvent autant du biologique que du mécanique. La structure, d’apparence habituellement aseptisée, s’altère pour révéler une vitalité souterraine, entremêlée, multisystémique. De ces failles émergent des systèmes respiratoires, des conduits, des excroissances : formes entomiques, organo-industrielles, interfaces poreuses entre corps, espèces et machines comme l'oeuvre “Rift” à la fois saillie et suture.
Après “Chloroplast Machinery” au CAP Saint-Fons en juin 2025, première exposition institutionnelle consacrée à leur travail, le duo Xolo Cuintle (Romy Texier & Valentin Vie Binet) présente à DS Galerie sa nouvelle exposition personnelle : “Pulses within”. Cette nouvelle étape prolonge leur recherche : après l’exploration d’un paysage industriel, “Pulses within” s’attache à une archéologie du vivant. Ici, l’espace n’est plus un dispositif neutre mais un organisme en mutation. Il se soulève, s’affaisse, révèle sa profondeur organique. La galerie devient corps en transformation, une machine-organe traversée par des échanges invisibles.
Semblant appartenir à une infrastructure de respiration collective dont seules affleurent les extrémités, “Breathing Piping System” se déploie comme un réseau partiel, dépourvu de centre, ouvert aux prolongements imaginaires.
Dans ce système fragmentaire, une louve surgit. Référence directe au mythe de fondation de Romulus et Rémus, elle n’apparaît pas tant comme allégorie que comme réminiscence d’un récit archaïque inscrit dans la matière : celui d’une perpétuelle genèse.
Tout autant que la figure de la graine, récurrente dans les bas-reliefs du duo et dont l’œuvre “Reservoir Seed” constitue le totem. Forme élémentaire — ovoïde, close, fendue — la graine incarne l’état intermédiaire : à la fois souterraine et en attente d’éclosion. Elle inscrit l’idée du cycle en latence, cette possibilité qui circule dans l’ensemble de l’exposition.
Par un langage sculptural singulier, Xolo Cuintle convoque un monde multicellulaire et interconnecté, entre mythe et anticipation. Au sol, un couple de chiens endormis veille : passeurs d’un monde à l’autre — du dessus au dessous, du dehors au dedans, du vivant vers l’ailleurs. Le béton, le bois, la céramique — loin d’être inerte — sont pensés comme un terreau fertile, une peau géologique traversée par des flux invisibles. Ils éveillent des symbioses, des circulations, des mécanismes du vivant, brouillant les frontières entre l’artificiel et le naturel, entre la structure et le biologique.
Les œuvres révèlent la porosité entre vivant et non-vivant et nous invitent à repenser nos liens avec les êtres, les espaces et les souffles invisibles qui les traversent. À travers “Pulses Within”, Xolo Cuintle n’érige ni fable ni théorie, mais un terrain. Comme des indices, les formes y demeurent à l’état d’hypothèse, prêtes à se reconfigurer.
⌊1⌋ Inspiré par Les Villes Invisibles d’Italo Calvino. — Italo Calvino, Les Villes invisibles, Éditions du Seuil, 1974.







Location
15 rue Béranger, 75003 Paris
Photos
Nicolas Lafon
Acknowledgements
Perrine Civetta, Guillaume Landron, Octave Novel, Jules Maillot, Chloé Menous, Jules Rocchietta, Tiago Runkel, Ugo Sebastião, Robin Tubeuf and Eric Texier
Publications
⌊10.25⌋
Domus, "If you love art, don’t miss Art Basel in Paris: the art shows you can’t skip", Giorgia Aprosio, Octobre 2025
⌊10.25⌋
The Steidz N°11, "Doggy Style", Thibault Bissirier, Octobre 2025
⌊10.25⌋
⌊07.25⌋
⌊10.25⌋

Pulses Within, DS Galerie
Parmi les villes invisibles, certaines ne tiennent qu’à un souffle.
Elles se déploient comme des membranes,
se soulèvent sous la peau des sols.
Elles sont à la fois organes et architectures,
présences enfouies prêtes à surgir.¹
Les murs se fendent, les sols se creusent, les objets s’ouvrent pour laisser paraître ce qui loge en dessous : matières, formes, flux qui relèvent autant du biologique que du mécanique. La structure, d’apparence habituellement aseptisée, s’altère pour révéler une vitalité souterraine, entremêlée, multisystémique. De ces failles émergent des systèmes respiratoires, des conduits, des excroissances : formes entomiques, organo-industrielles, interfaces poreuses entre corps, espèces et machines comme l'oeuvre “Rift” à la fois saillie et suture.
Après “Chloroplast Machinery” au CAP Saint-Fons en juin 2025, première exposition institutionnelle consacrée à leur travail, le duo Xolo Cuintle (Romy Texier & Valentin Vie Binet) présente à DS Galerie sa nouvelle exposition personnelle : “Pulses within”. Cette nouvelle étape prolonge leur recherche : après l’exploration d’un paysage industriel, “Pulses within” s’attache à une archéologie du vivant. Ici, l’espace n’est plus un dispositif neutre mais un organisme en mutation. Il se soulève, s’affaisse, révèle sa profondeur organique. La galerie devient corps en transformation, une machine-organe traversée par des échanges invisibles.
Semblant appartenir à une infrastructure de respiration collective dont seules affleurent les extrémités, “Breathing Piping System” se déploie comme un réseau partiel, dépourvu de centre, ouvert aux prolongements imaginaires.
Dans ce système fragmentaire, une louve surgit. Référence directe au mythe de fondation de Romulus et Rémus, elle n’apparaît pas tant comme allégorie que comme réminiscence d’un récit archaïque inscrit dans la matière : celui d’une perpétuelle genèse.
Tout autant que la figure de la graine, récurrente dans les bas-reliefs du duo et dont l’œuvre “Reservoir Seed” constitue le totem. Forme élémentaire — ovoïde, close, fendue — la graine incarne l’état intermédiaire : à la fois souterraine et en attente d’éclosion. Elle inscrit l’idée du cycle en latence, cette possibilité qui circule dans l’ensemble de l’exposition.
Par un langage sculptural singulier, Xolo Cuintle convoque un monde multicellulaire et interconnecté, entre mythe et anticipation. Au sol, un couple de chiens endormis veille : passeurs d’un monde à l’autre — du dessus au dessous, du dehors au dedans, du vivant vers l’ailleurs. Le béton, le bois, la céramique — loin d’être inerte — sont pensés comme un terreau fertile, une peau géologique traversée par des flux invisibles. Ils éveillent des symbioses, des circulations, des mécanismes du vivant, brouillant les frontières entre l’artificiel et le naturel, entre la structure et le biologique.
Les œuvres révèlent la porosité entre vivant et non-vivant et nous invitent à repenser nos liens avec les êtres, les espaces et les souffles invisibles qui les traversent. À travers “Pulses Within”, Xolo Cuintle n’érige ni fable ni théorie, mais un terrain. Comme des indices, les formes y demeurent à l’état d’hypothèse, prêtes à se reconfigurer.
⌊1⌋ Inspiré par Les Villes Invisibles d’Italo Calvino. — Italo Calvino, Les Villes invisibles, Éditions du Seuil, 1974.







Location
15 rue Béranger, 75003 Paris
Photos
Nicolas Lafon
Thanks to
Perrine Civetta, Guillaume Landron, Octave Novel, Jules Maillot, Chloé Menous, Jules Rocchietta, Tiago Runkel, Ugo Sebastião, Robin Tubeuf and Eric Texier
⌊10.25⌋
"Doggy Style", Thibault Bissirier, Octobre 2025
⌊10.25⌋
⌊07.25⌋
⌊07.25⌋
"Xolo Cuintle : lone wolves", Augustin Langlade, Juin 2025