
Chloroplast Machinery, CAP Saint-Fons
Avez-vous déjà essayé de vous promener dans la Vallée de la Chimie ? Grillages, barrières et passages obligés ; son exploration à pied, aussi bien qu’avec le regard, relève du défi. Les yeux cherchent à appréhender le paysage et les architectures, cherchant des perspectives ou des passages pour traverser les espaces occupés par les usines.
Un socle démesuré soutient la maquette d’un entrepôt. Une louve au regard perçant – qui rappelle la louve nourricière du Capitole Exposition de Rome – est repensée en clé industrielle. On retrouve dans l’installation des motifs récurrents du lexique visuel des artistes ; le chien – ici une louve – dans sa valeur symbolique de « passeur entre les mondes » et à l’origine du nom du duo d’artistes. L’animal est par ailleurs la seule figure admise dans leurs scènes minérales, désertées par la présence humaine mais habitées par des formes végétales qui poussent du béton. Tuyaux-branches, réservoirs de décantation-nénuphars et racines rhizomiques grimpent et traversent murs et cloisons.
Loin d’être une prémonition du futur, les œuvres de Xolo Cuintle brouillent les pistes temporelles ; les artistes portent une réflexion sur les lieux interrogeant l’architecture, convoquant le motif ou l’ornement, mais invitant aussi le mythe et l’histoire à nourrir leur récit visuel.
Pour se référer au travail de l’artiste, les grecs parlaient de mythopoïèse, littéralement « fabriquer des fables ». Chez Xolo Cuintle, la notion de fabrication est à prendre à la lettre, matérialisée dans leur matériau fétiche : le béton, emblème de la construction à l’ère contemporaine, matière qui envahi et habite toujours plus nos espaces de vie, comme les espaces extérieurs.
Ce matériau de prédilection de l’industrie, symbole du XX siècle et de l’artificialisation des sols, est pour Xolo Cuintle un terreau générateur de formes qu’ils modèlent comme on modèle l’argile. Couche après couche, respectant le temps imposé par la matière dans une action répétitive et presque anachronique. Mélancholie du geste.
Dans Chloroplast Machinery les artistes accordent les flux et les formes de l’industrie à ceux du vivant, nous invitant à explorer un environnement habité par des présences silencieuses, résilientes et certainement surprenantes.
Chloroplast Machinery est la première exposition personnelle de Xolo Cuintle dans un centre d’art en France.


























Location
Espace Léon Blum, Rue de la Rochette, 69190 Saint-Fons
Photos
Valentin Vie Binet
Acknowledgements
Perrine Civetta, Jean-Jacques Dubernard, Jean-Julian Ney, Guillaume Landron, Octave Novel, Jules Maillot, Jules Rocchietta, Tiago Runkel, Ugo Sebastião and Eric Texier
Publications
⌊07.25⌋
⌊06.25⌋
⌊06.25⌋
Sloft N°8, "Xolo Cuintle : lone wolves", Augustin Langlade, Juin 2025
⌊06.25⌋

Chloroplast Machinery, CAP Saint-Fons
Avez-vous déjà essayé de vous promener dans la Vallée de la Chimie ? Grillages, barrières et passages obligés ; son exploration à pied, aussi bien qu’avec le regard, relève du défi. Les yeux cherchent à appréhender le paysage et les architectures, cherchant des perspectives ou des passages pour traverser les espaces occupés par les usines.
Un socle démesuré soutient la maquette d’un entrepôt. Une louve au regard perçant – qui rappelle la louve nourricière du Capitole Exposition de Rome – est repensée en clé industrielle. On retrouve dans l’installation des motifs récurrents du lexique visuel des artistes ; le chien – ici une louve – dans sa valeur symbolique de « passeur entre les mondes » et à l’origine du nom du duo d’artistes. L’animal est par ailleurs la seule figure admise dans leurs scènes minérales, désertées par la présence humaine mais habitées par des formes végétales qui poussent du béton. Tuyaux-branches, réservoirs de décantation-nénuphars et racines rhizomiques grimpent et traversent murs et cloisons.
Loin d’être une prémonition du futur, les œuvres de Xolo Cuintle brouillent les pistes temporelles ; les artistes portent une réflexion sur les lieux interrogeant l’architecture, convoquant le motif ou l’ornement, mais invitant aussi le mythe et l’histoire à nourrir leur récit visuel.
Pour se référer au travail de l’artiste, les grecs parlaient de mythopoïèse, littéralement « fabriquer des fables ». Chez Xolo Cuintle, la notion de fabrication est à prendre à la lettre, matérialisée dans leur matériau fétiche : le béton, emblème de la construction à l’ère contemporaine, matière qui envahi et habite toujours plus nos espaces de vie, comme les espaces extérieurs.
Ce matériau de prédilection de l’industrie, symbole du XX siècle et de l’artificialisation des sols, est pour Xolo Cuintle un terreau générateur de formes qu’ils modèlent comme on modèle l’argile. Couche après couche, respectant le temps imposé par la matière dans une action répétitive et presque anachronique. Mélancholie du geste.
Dans Chloroplast Machinery les artistes accordent les flux et les formes de l’industrie à ceux du vivant, nous invitant à explorer un environnement habité par des présences silencieuses, résilientes et certainement surprenantes.
Chloroplast Machinery est la première exposition personnelle de Xolo Cuintle dans un centre d’art en France.


























Location
Espace Léon Blum, Rue de la Rochette, 69190 Saint-Fons
Photos
Valentin Vie Binet
Thanks to
Perrine Civetta, Jean-Jacques Dubernard, Jean-Julian Ney, Guillaume Landron, Octave Novel, Jules Maillot, Jules Rocchietta, Tiago Runkel, Ugo Sebastião and Eric Texier
⌊06.25⌋
"Xolo Cuintle : lone wolves", Augustin Langlade, Juin 2025
⌊06.25⌋
⌊06.25⌋